Nous sommes partis de Tel Aviv la blanche tôt ce matin d'Avril. Le printemps sur la colline au bord de mer se réveillait. Nous avons pris la route du sud, moi assis sur le siège près du conducteur. Je n'ai pas conduis me réservant pour le retour. Ilan avait le volant, conduisant vers sa base. Fait exceptionnel, peu de bouchon aujourd'hui. Rapidement nous passons près d'Ashdod puis Ashkelon puis la route continue le long de la bande de Gaza, d'ou des fumées noirs montent vers le ciel. Sur notre droite Jabalia, sur notre gauche Sderot, 11km séparent les deux villes, Sdérot est à 1 km de la frontière. A Fin novembre 9500 roquettes ont été tiré sur Israel , les villes du sud étant le plus touchées. Le Hamas n'a pas prévenu la population civile israélienne de la destination de ces roquettes, d'ailleurs elles n'avaient aucun objectif précis si ce n'était de tuer le plus de juifs possible. Ce n'est que grâce au dôme de fer que les victimes israéliennes ne se sont pas comptées par milliers. L'accès à Sderot dont la quasi totalité de ses habitants a été évacué, est bloquée par un check point filtrant entrées et sorties. Les panneaux indicateurs s'égrènent tout au long du chemin :Kfar Aza, Alumin, Netivot, Be'eri, Réïm, Ofakim, Nir Oz; des noms à jamais gravés dans l'horreur génocidaire des inhumains du Hamas. Des cars sont garés le long des routes déversant des visiteurs dans ces lieux de pogromes. Au passage je saisis du regard furtif à travers la vitre un homme prenant un selfie devant un abri criblé de balles. Devant Réïm, là ou les coquelicots et les chansons vont refleurir, les mêmes cars du tourisme de l'horreur attendent. J'éprouve les mêmes réflexions qu'à Aushwitz quand nous avons vu les cars sur le parking et les queues devant les guichets pour la visite du camp: est ce un mémorial ou plutôt un cimetière ? je n'ai pas envie de m'arrêter à l'aller ni au retour. Un autre panneau indique Rafah, sans doute l'ultime étape de cette enième guerre qu'Israel livre. Nous arrivons, des tanks sur notre droite nous l'indique, un parking rocailleux nous stoppe. Sac à dos, uniforme parfaitement habillé, Rangers aux pieds, Ilan réintègre sa base. Je reprend le volant, un petit quelque chose dans la gorge qui remonte à l'oeil. Je m'arrêtte à la station d'essence pas loin de la base, le plein fait je rentre a l’Aroma. Un cafe, un croissant, après être passé devant une petite table mémorielle sur laquelle une bougie éclaire des sourires fauchés en pleine jeunesse je m'installe à une grande table entouré de ayalim qui se restaurent, je suis bien protégés: elles ,ils sont jeunes beaux souriants a la vie et je suis si ému et fier et reconnaissant d’etre au milieu d’eux. Sur le chemin du retour j'écoute Le podcast de Gad Wolkowicz qui nous parle de la rupture anthologique après le 07 octobre et de la neutralité perverse de certains dans l'analyse de cette guerre: j'y reviendrai dans une prochaine chronique; Micha ayant comme à l'accoutumée analysé brillamment les ressorts de notre situation identitaire , sur l’explication du meurtre du père chez les juifs en regard de l'antisémitisme éternel. Un régal d’intelligence.
30e Jour de guerre , pourquoi venir ? Nous étions tous réunis autour d’un anniversaire et la question a circulé, un verre de vin de Galilée en main : pourquoi venir, pourquoi l’alyah ? À la dixième alerte de la journée, au quatrième sous-sol du parking de Migdal Shalom à Tel Aviv, la question est revenue, en attendant le signal de fin : juste la question, pas la réponse. J’ai repensé à ce que j’avais écrit après un voyage à Auschwitz ! Je m’interrogeais alors : « Pourquoi un voyage à Auschwitz ? » J’écrivais alors mes émotions de ce monde mort, là, dans les camps, pour les Juifs, ce monde mort-là, de cette histoire du monde arrêtée là. Et puis, au milieu des débris de briques de crématorium où l’on brûlait l’humanité, du bleu et blanc se recueillent et crient au monde : Israël, peuple, vivra. Là, nous nous joignons à une chaîne d’union, rendant la visite à un chant d’espoir. Devant l’étang noir de cendres où l’on jetait les restes de corps, là nous avons prié. Des gerbes de fleurs ont ...



Merci Patrick de partager avec nous et de si belle manière, ces moments si forts et émouvants !
RépondreSupprimerBelle âme que tu as et comme toi j’aime ce pays et ses habitants
SupprimerMerci de nous faire un peu participer; réflexion, émotion, colère
RépondreSupprimerMerci chauffeur 🫶
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