Samedi 07 Octobre , 626e jour d'après: 17 juin 2025
DÉMOCRATIE / THEOCRATIE
Le 17 novembre 2022 nous avons fait notre alyah en Israel ou nous pensions couler des jours paisibles , au soleil, près de la mer. La famille en grand partie réunie, nous avons laissé nos amis en France projetant de temps en temps de les retrouver à l'occasion de voyages sporadiques. Personne ne pouvait prévoir ce qui allait nous arriver les mois suivants. Notre situation est en tout point privilégiée et à aucun moment , au fur et à mesure de l'augmentation de la gravité sécuritaire, nous n'avons émis le moindre doute sur ou était et ou est notre place. Dans les discussions avec nos amis français, souvent les analyses géopolitiques prennent le dessus sur les ressentis non pas par fuite mais par protection de chacun. Ce blog est un moyen expiatoire d'exprimer ces ressentis de la vie quotidienne en tant que citoyen israélien. La guerre n'est plus un concept lointain que l'on trouve dans les livres d'histoire. Elle nous pénètre au quotidien en fonction de sa situation personnelle. Nous ne partons pas en Melhuym, nous avons une chambre de sécurité dans l'appartement, nous n'habitons pas au Sud ni au nord. La guerre pourtant s'immisce en nous par notre petit fils qui a finis son armée et qui est prolongé de quatre mois, par le deuxième qui part en aout, par les addictions aux informations , par les nouvelles des jeunes qui meurent à Gaza et maintenant par la guerre avec l'Iran et chaque étape de cette guerre nous amène une surcharge émotionnelle supplémentaire avec laquelle il faut vivre. D'alerte en alerte depuis quatre jours, les nuits se font de plus en plus courtes, les explosions de plus en plus violentes autours de la chambre de sécurité. Les nouvelles des morts de la nuit à quelques pas nous réveillent chaque matin. Les activités quotidiennes parfois ou souvent excessives pour combler cette surcharge émotionnelle ont cessé depuis ces quelques jours: plus de conférence, plus de débats entre amis, plus d'oulpan, plus de réunions philosophiques, plus de restaurant, plus de réunions entre amis, plus de ballade en vélos. Nous vivons dans une sorte de confinement de guerre en attente de la prochaine alerte qui nous préviendra 15 minutes avant de missiles venant d'Iran, puis nous rentrons dans la chambre de sécurité, les yeux rivés sur le téléphone , à l'écoute des explosions qui deviennent de plus en plus fortes. Je n'arrive plus à compter le nombre de fois ou nous sommes rentrés dans la chambre de sécurité depuis 626 jours.
Les informations venant de France à la fois nous sidèrent, nous mettent en colère et en même temps nous inquiètent pour nos amis en France.
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